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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

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On parle encore de nationalisme !

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On parle encore de nationalisme !

1870, 1914,1939 trois dates liées, associées dans notre imaginaire historique. Il est vrai qu’on ne peut pas comprendre l’une sans évoquer l’autre. La guerre de 1870 a donné un relent guerrier à la société française, les allemands sont devenus une race monstrueuse, perfide, vulgaire… 1914 se voulait une guerre juste… La France devait retrouver son unité territoriale … en 1939, les allemands voulaient finir la guerre et démontrer au monde entier qu’ils n’avaient pas été vaincus en 1918.

« La commune de Paris, qui se dresse en mars 1871 contre le gouvernement des « ruraux », a été largement due à la frustration patriotique éprouvée par les républicains et les révolutionnaires de la capitale, pendant et à l’issue du siège de Paris. C’était alors l’extrême gauche – jacobine, blanquiste, voire socialiste – qui faisait montrer de « nationalisme », contre un gouvernement réputé avoir failli à sa mission de défense nationale. La lutte de la Commune contre « Versailles » fut, dans une large mesure une guerre de substitution ; la guerre civile, l’avorton de la guerre nationale. La défaite de 1871 et l’amputation des départements alsaciens et lorrains entretiennent, pendant une vingtaine d’années, un esprit de revanche sur l’Allemagne, une fièvre de patriotisme endémique, dont l’œuvre des fondateurs de la III ème République n’est pas épargnée. Léon Gambetta qui s’était illustré durant la guerre franco-allemande par son inlassable énergie à soulever la province contre l’envahisseur, devient, la paix signée, le leader  d’un parti républicain qui, de place en place, de discours en discours, réaffirme l’impératif patriotique et paie sa part à la légende nationale. Appelés à reconstruire cette France vaincue, les fondateurs de la nouvelle République veilleront à consolider le ciment national. Leur œuvre scolaire doit contribuer à tremper l’âme nationale ; entretenir les souvenir des provinces perdues, développer l’usage de la langue française au détriment des « dialectes », animer le culte des héros nationaux… On songe même un moment à une préparation de guerre enfantine. On voit que l’idée de mobilisation enfantine est antérieure aux régimes totalitaires : c’est dans une république parlementaire qu’elle fut conçue. »

La République française a aussi inventé cette fameuse idée reprise bien plus tard des « jeunesses hitlériennes (...) La préparation à la guerre - fût-elle une guerre défensive - visait ensemble la mie en condition des esprits et l'entraînement des corps. C'est un ami de Léon Gambetta, Paul Déroulède qui fonde, en 1882, pour cette préparation des forces vengeresses - selon son expression - La Ligue des patriotes. Une ligue qui veut être apolitque et toute tendue vers le conditionnement moral et physique de la revanche : société de gymnastique, de tir de fusil, armée de réserve. La ligue des patriotes devait être à l'armée ce que la Ligue de l'enseignement est à l'Ecole : une inspiratrice, une allié, un instrument de propagande.

(Michel Winock)

 

 

« Dimanche 1 janvier 1871 : Le bombardement, la famine, un froid exceptionnel : voici les étrennes de 1871. Jamais depuis que Paris est Paris, Paris n’a eu un pareil jour de l’an, et malgré cela, la saoulerie jette dans les rues sa bestiale joie. Ce jour me fait penser qu’au point de vue de l’histoire de l’humanité, il est très intéressant et presque amusant, pour un sceptique à l’endroit du progrès, de constater, cette année 1871, que la force brute, malgré tant d’années de civilisation, malgré tant de prêcheries sur la fraternité des peuples, et même en dépit de tant de traités pour la fondation d’un équilibre européen, la force brute, dis-je, peut s’exercer et primer comme au temps d’Attila, sans plus d’empêchements. »

- Edmond Goncourt.

 

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