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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

le racisme et la génération spontanée !

le racisme et la génération spontanée !

Ernest Renan : On joue souvent les étonnés devant un certain « état d’esprit », on arrive à se demander comment l’Histoire a pu jouer à l’homme de si mauvais tours. Certains en viendraient même à accuser Dieu d’avoir introduit la gêne du mal dans la nature humaine. On parle souvent aussi de folie de quelques-uns, d’accident imprévisible, de rupture de la chaîne humaine. Mais sans aller plus loin, le racisme, la haine de l’autre… se sont épanouis de belle manière au XX ème siècle mais ils ont pris simplement leur place, il faisait la queue depuis tant de temps, il attendait leur tour ! Un exemple et il n'est pas unique !

« Le 21 février 1862, Ernest Renan, qui dans sa jeunesse – il était né en 1823 à Tréguier en Bretagne – s’était cru destiné à la prêtrise et avait été séminariste, inaugurait par une leçon sur Jésus son cours au Collège de France. Il s’était initié à l’hébreu et au syriaque, avait été reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1848 et avait été chargé en 1860, par Napoléon III, d’une mission archéologique en Phénicie. Il avait visité la Terre sainte et commencé à écrire une Vie de Jésus. Et ce 21 février, occupant pour la première fois la chaire d’hébreu au Collège de France, il commença son cours en disant : « Jésus, cet homme incomparable… » Les chrétiens furent scandalisés et le cours de Renan fut bientôt suspendu. Il retrouva sa chaire quand il se rallia en 1869 à l’Empire libéral. Sa Vie de Jésus (1863), son Histoire des origines du christianisme (achevée en 1887 – il meurt en 1892) ont fait de lui l’un des auteurs les plus influents du XIXe siècle. Devenu un personnage officiel de la IIIe République (Académie française, administrateur du Collège de France), ses livres ont préparé les esprits à la séparation « radicale » des Églises et de l’État (1905). De même, sa Réforme intellectuelle et morale, publiée en 1871, après la défaite de 1870, a jeté les bases d’un programme de restauration nationale et de l’affirmation d’un patriotisme républicain, avec l’apologie de la nation qui doit être « un plébiscite de chaque jour ». On le cite fréquemment en ce début du XXIe siècle, mais le lit-on ? » et que dit Renan ? Cet homme qu’on dit avoir été le plus influent du XIX siècle… Il affirme son racisme et il soutient la race allemande considérée à ses yeux comme une race supérieure.

« Le monde aspire à être de plus en plus. Or l’être dans sa plénitude, c’est l’être conscient. Tout l’effort du monde tend à se connaître, à s’aimer, à se voir, à s’admirer. Le but du monde est de produire la raison. Le but du monde est que la raison règne. » Et cette raison, pour Renan, c’est la race blanche qui en est dépositaire, et qui doit l’imposer. Il répète : « Le but de l’humanité n’est pas de jouir ; acquérir et créer est œuvre de force et de jeunesse : jouir est de la décrépitude. » Renan, un grand créateur, un écrivain, un érudit, mais un homme fait des contradictions, des aveuglements, des préjugés de son temps, de l’arrogance de croire appartenir à une race supérieure. « La nature, écrit-il, a fait une race d’ouvriers, c’est la race chinoise… Une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre… Une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. » Avant de citer Renan, il faut donc l’avoir lu. Avant d’évoquer avec nostalgie la France d’hier, il est bon de mesurer les tensions, les violences, les fanatismes qui la traversent. L’antihumanisme qui commence à pénétrer un monde qui s’éloigne de l’espérance. C’est Renan qui écrit : « Il se peut que tout le développement humain n’ait pas plus de conséquence que la mousse ou le lichen dont s’entoure toute surface humectée. » Peut-on aimer l’Autre, l’humain, si le ciel est vide ? Cette question qui traverse de part en part l’histoire des hommes, elle est au cœur du XIXe siècle français. »

 

 

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