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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

la France, mon pays !

la France, mon pays !
la France, mon pays !

La France est un pays qui gêne… allez donc savoir pourquoi ? Toute son histoire, tous ses cimetières sont là pour le prouver. A un moment donné, dans un temps donné… ici ou hier ou peut-être demain, on ne veut plus entendre parler d’elle, on lui donne tous les défauts, tous les vices, tous les irrespects. Elle est de trop à la table des invités, que vient-elle encore y faire, que va-t-elle inventer pour faire parler d’elle. Elle parle trop, elle s’agite trop, elle peut aussi rire, se moquer… Elle ose se caricaturer et caricaturer ses tendres voisins, ses alliés de circonstance. On se demande même si elle croit encore en Dieu puisqu’elle s’est inventée une doctrine qu’elle appelle la laïcité et la voilà aussi qui va à l’Eglise, au temple, à la synagogue ou à la mosquée. Elle le fait avec l’air de penser à autre chose, comme si cela lui était naturel. Et on voudrait aimer un tel pays ? Un pays où les trains arrivent presque à l’heure mais où les cheminots se mettent malgré tout en grève, où des salariés poursuivent un dirigeant d’entreprise en criant au loup… ? C’est à ne rien y comprendre et pourtant on veut comprendre, on vient voir et la France reste debout et répond toujours présent lorsque l’on appelle Marie ou Marianne. Elle se montre plus attentionnée, plus attentive si on accompagne son prénom de Madame ou de Mademoiselle. La France sait qu’elle est un vieux pays, elle sait qu’elle vient de loin : cela lui donne des droits et le premier d’entre-deux : celui de dire Merde !

Comme en écho à ce pays de France et à cette ville de Paris, j'ai choisi la préface que donne Patrick Pécherot à sa Trilogie parisienne :

« Nestor or not Nestor ? Si le héros de cette saga brouillardeuse a quelques airs de famille avec Nestor Burma, le hasard – même celui, objectif, si cher aux surréalistes – y est étranger. Le premier volume de ce qui n’était pas encore une trilogie – Les brouillards de la Butte – est un hommage revendiqué au privé libertaire et gouailleur des Nouveaux mystères de Paris. Et à son créateur, Léo Malet. Je les ai découverts dans les années 1980, lorsqu’un petit cercle d’aficionados qui avaient noms Phil Casoar, Bayon, Jean-François Vilar et Jean-Patrick Manchette – excusez du peu – avaient rendu à Malet une part de la place que le polar lui doit. Merci leur soit dit. Les passeurs de livres sont irremplaçables. Sans eux combien d’auteurs, combien de héros de papier seraient tombés dans la fosse commune du temps que chantait Brassens ? Combien de pans de la mémoire auraient disparu à jamais ? Il faut dire, et redire ceux que l’on aime pour les garder vivants, les transmettre, les partager comme le pain et le vin. Burma fut pour moi de ce pain-là. Lui en poche, j’ai longtemps vadrouillé dans Paris. Il rejoignait dans mes vagabondages Rétif de La Bretonne, Louis Sébastien Mercier, André Breton ou Patrick Modiano. Avec eux, j’ai fait de si beaux voyages, nez au vent, leurs mots en écho à mes pas. Qui dira le goût de la halte, en leur compagnie, sur un banc public, la chaise d’un square ou celle d’un bistrot ? Qui dira le bonheur du secret révélé par une plaque de rue, une cour intérieure, un passage couvert, la moleskine d’une brasserie ? Il est des gens de bonne compagnie qui vous guident vers l’ailleurs. Ils vous tiennent la main, le temps de la découverte, puis vous regardent partir, tout seul, comme un grand. Du moins, on l’imagine. Et ça réchauffe le cœur. C’est ainsi qu’est né ce Nestor qui n’est pas Nestor. Entre la première de ses trois aventures et leur achèvement, il s’est émancipé de son modèle pour devenir autre. Il a pris de la bouteille et des gnons. Parcourir les années qui séparent la Der des ders de la guerre suivante n’est pas de tout repos quand on se plaît à fureter dans les coins sombres. Mystère des vies parallèles, ce Nestor qui n’est pas Burma en porte le prénom. Clin d’œil affectueux et signe de piste, ce fut celui de Makhno, le cosaque anarchiste, ou… celui du valet du capitaine Haddock, période Moulinsart, lui aussi ancien perceur de coffre-fort. Mais les homonymies ne valent pas ressemblance, le Nestor des Brouillards n’aurait jamais servi qui que ce soit. Solitaire-solidaire, comme le Jonas de Camus. Il a pigé que l’idéal tourne vite à l’aigre en virant à l’idéologie. C’est en dehors des clous qu’il arpente le pavé parisien, la pipe au bec et la tête dans les volutes. En toute bonne logique, dans une drôle d’époque il croisera de bien drôles de gens. Des pas fréquentables et d’autres, les ordinaires, ses frères et ses frangines des petits matins gris. Les besogneux, semelles ravaudées, chairs à travail ou à canon. On ne se refait pas, ce pavé-là est populaire. Il sent la frite, le parfum à dix sous, l’huile de vidange et l’huile de coude. La merde, quelquefois, en avant-goût des mauvais coups. Coups tordus, coups foireux, il en est de multiples qui ne sentent pas la rose. La première grande boucherie humaine a laissé des traces de sang caillé, la seconde s’annonce. Elle sera apocalyptique mais on l’ignore encore. Entre les deux, fleur rouge et noire, a poussé la guerre d’Espagne. Ça en fait des lieux où ne pas mettre ses pieds ! Nestor et ses comparses de ce qui deviendra, au fil des pages, « l’agence Bohman » ne pourront pas s’empêcher d’y poser les leurs. Ils sont ainsi faits. Pareils à tout un chacun sans doute. L’instant d’une préface, je les ai retrouvés. Petit pincement au cœur. Vieux amis revenus. Et avec eux, les rencontres – vraies ou imaginaires – qu’ils m’ont values. Et me valent encore. On n’en a jamais fini avec les Nestor. Témoin, sur mon bureau, une main baguée. Celle du destin ? Elle envoie dinguer les boules terrestres du billard des rêves. La carte est signée Aube Breton. »

 

 

 

 

 

 

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