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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

1870 ou 2015 ... ?

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1870 ou 2015 ... ?

1870, 1914, 1939 trois dates qui ont fait la France contemporaine. Ici, nous sommes en 1870 et la France a déjà perdu contre les prussiens et elle est une nouvelle fois envahie, l’armée, qu’on dira allemande plus tard, avance vers Paris. Il faut lire le témoignage des Goncourt dans leur fameux journal. Le dernier des frères note par le détail la vie dans la ville assiégée ou qui ne va pas tarder à l’être. Le peuple français est égal à lui-même : aux situations historiques presque identiques, on retrouve malgré les années des réactions similaires, comme un jeu de copie/coller. Le fameux courage du peuple français !

« C’est agaçant tout de même d’entendre à tout propos : c’est la faute de l’Empereur ! (…) oui, c’est agaçant. Car si les généraux ont été incapables, si les officiers n’ont pas été à la hauteur des circonstances, si… si …, ce n’est pas la faute de l’Empereur. Un homme n’a pas cette influence sur un peuple, et si le peuple français n’avait pas été très mal portant, très malade, la médiocrité n’eût pas empêché la victoire. Soyons bien persuadés que les souverains ne sont absolument que les représentants de l’état moral de la majorité de la nation, qu’ils gouvernent, et qu’ils ne resteraient pas, trois jours sur leurs trônes, s’ils étaient en contradiction avec cet état moral. (…) Ce soir, quelle insouciance, quelle belle non-conscience du lendemain, de ce lendemain, où la ville sera peut-être à feu et à sang ! Le même enjouement, la même futilité de paroles, le même bruit léger et ironique des conversations, dans les restaurants, dans les cafés. Femmes et hommes sont les mêmes êtres de frivolité qu’avant l’évasion, seulement quelques femmes grinchues trouvent que leurs maris ou leurs amants lisent trop longtemps le journal. (…) Encore un peloton de zouaves près de la Madeleine. L’un d’eux, riant, d’un rire nerveux, me dit qu’il « n’y a pas eu de bataille… que ça été de suite un sauve qui peut… qu’il n’a pas tiré une seule cartouche. Je suis frappé par le regard de ces hommes : le regard du fuyard est diffus, trouble, glauque, il ne s’arrête, ne se fixe sur rien. Sur la place Vendôme, près de l’état-major de la place, où l’on amène, à tout moment, des gens quelconques, que l’on accuse d’être des espions. Je rencontre, dans la foule, Pierre Gavarni. Il est frappé de l’agitation dans le vide de tout le monde, du manque d’attention du cerveau français, au sujet de ses plus grands intérêts. Ce soir sur les boulevards, la foule des jours mauvais une foule agitée, houleuse, cherchant du désordre et des victimes. » Et dans notre histoire, on finit toujours par trouver le coupable ...

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