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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

la mort d'un homme de culture ...

la mort d'un homme de culture ...

« Il se définissait comme "  un partageur  ", un passeur. C'était l'homme d'une télévision qu'ont oubliée ceux qui l'ont connue et dont les plus jeunes n'ont aucune idée… Il n'y avait qu'une chaîne, puis deux. On passait des documentaires à 20  h  30. Il avait aussi dirigé la Villa Médicis à Rome de 1984 à 1994 et avait bousculé l'institution. Jean-Marie Drot est mort à l'âge de 86 ans, le 23  septembre à Chatou (Yvelines) où il habitait depuis une vingtaine d'années, et la ville lui a rendu hommage. Le jeune Jean--Marie Drot, né le 2  mars 1929 à Nancy, a eu d'emblée un parcours atypique. Bien que n'ayant pas été reçu au baccalauréat, il a pu être admis au lycée Louis-le -Grand à Paris car il avait été lauréat du concours général. Il a donc préparé l'Ecole normale supérieure qu'il a intégrée. En  1948, il gagne un concours de littérature américaine sur Moby Dick, de Melville, et peut passer une année aux Etats--Unis. A son retour, grâce à l'une de ses relations, il débute dans une télévision encore embryonnaire, la première chaîne de télévision du Vatican. Il est assistant réalisateur. Il ne sait peut-être pas qu'il commence là une longue carrière, en interviewant diverses personnalités, dont Paul Claudel, Roberto Rosselini, Luchino Visconti.

Quand il revient à Paris, en  1951, il devient réalisateur de documentaires sur l'art, notamment La Rome de Giorgio De Chirico, avec le peintre lui- même, en  1957. En  1960, voyant la transformation du quartier Montparnasse, il se dit qu'il faut laisser une trace de ce qu'a été la vie artistique, la vitalité d'un lieu que l'urbanisme va totalement transformer. Il réalise alors, de 1960 à 1962, "  Les Heures chaudes de Montparnasse  ", une série documentaire de quatorze films de 52 minutes (désormais disponibles en DVD), où apparaissent tous les artistes encore vivants, dont Giacometti. Ceux qui sont morts sont évoqués par leurs amis. On retrouve ce qui a fondé le mythe de Montparnasse.

Un peu plus de dix ans plus tard, c'est avec André Malraux, à la fin de sa vie, que Jean--Marie Drot fait "  Journal de voyage avec André Malraux  " à la recherche des arts du monde entier, en  1974 et 1975. Treize épisodes de 52 minutes (aussi disponibles en DVD).

La passion de Jean--Marie Drot pour la culture et la transmission devait presque naturellement le conduire à entrer dans des institutions défendant la culture. C'est ainsi qu'il a été conseiller culturel à Athènes de 1982 à 1984 – par amour pour la Grèce, il a demandé que ses cendres soient dispersées dans ce pays. Puis, pendant dix ans donc, de 1984 à 1994, il a dirigé l'Académie de France à Rome, la Villa Médicis. Il y a créé le festival Roma--Europa. Sa gestion n'a pas été de tout repos. Son énergie, sa volonté d'ouverture, de renouvellement ont suscité bien des polémiques. On lui disait que Rome n'avait pas besoin d'un centre culturel supplémentaire ou d'une annexe de Beaubourg. En quittant la villa Médicis, Jean--Marie Drot a présidé la Société civile des auteurs multimédia (SCAM), de 1995 à 1999.

Parallèlement à toutes ses activités, institutionnelles ou audiovisuelles, Jean--Marie Drot a toujours écrit. De sa quinzaine de livres, on relira avec plaisir son Dictionnaire vagabond (Plon, 2003), qui rassemble les principaux noms propres, de pays ou de personnes –  célèbres ou non  – qui ont marqué son existence : une délicieuse promenade et des mémoires en creux. En ces temps d'interrogations écologistes, on peut lire avec profit son Joseph Delteil, prophète de l'an 2000 (Imago, 1990). Il avait aussi consacré un film de deux fois 52 minutes, La Grande Journée, ou vive Joseph Delteil, à cet écrivain trop méconnu. »

josyane savigneau

 

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