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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

changer l'individu ...

changer l'individu ...

Il est bien dommage que Lucien Bodard soit moins lu car comment comprendre la Chine d’aujourd’hui si on ne s’est pas plongé dans l’œuvre romanesque de cet auteur. Tous ces romans sont bons… Il a su en les écrivant ne pas oublier qu’il avait été un grand journaliste. Ici une petite citation du texte « Les Dix Mille Marches », nous sommes presque dans le début du roman. Mao va bientôt entrer en agonie. Il imagine la pensée du grand timonier à ce moment-là… Mao constate l’échec de son action politique qui était de changer l’homme, cet homme qui n’a pas voulu du paradis rouge. Mais ce paradis peut varier de couleur, il a été rouge en Chine, en Russie mais il a su être noir en Europe. Les mots ici écrits restent actuels, qui pourrait prétendre le contraire ... surtout lorsqu'on use et qu'on abuse du fameux terme de "peuple". Ce mot inventé un jour de Révolution Française et qui n'en finit pas de se répandre. Qu'importe l'individu et sa survie puisqu'on a inventé le peuple...

« La camarde l’assiège. Mais l’âme, elle, demeure forte. C’est sans appréhension que Mao voit s’approcher l’instant de son dernier souffle. (…) Il a été grand. A cet hymne dont il se repaît se mêlent toutefois des regrets, car il a échoué dans son dessein ultime. Le triomphe du communisme ne lui suffisant pas, Mao avait été saisi d’une ambition quasi métaphysique. Mao essaya de changer la nature humaine. Il voulait répandre sur elle l’élixir de la félicité par la négation du moi. Que les individus ne soient plus emportés par l’instinct, par l’ardeur des passions, des désirs, des angoisses, que soient éteints les sentiments qui révulsent et les pensées qui tourmentent, que disparaissent l’amour et l’amitié qui ne sont que des pièges, que soient abandonnées la science et la connaissance qui déchaînent l’orgueil et n’apportent que de vaines solutions, que toutes les identités se fondent en une seule. Si tout cela est accompli, il n’y aura plus de souffrance, il n’y aura plus de mort. Fini le gouffre de l’inconnu, la mort est une illusion si le trépassé se perpétue à jamais dans LE PEUPLE, faisceau de la vie unique gouvernée par l’unique pensée de Mao, la pensée du monde. Hélas, Mao a failli. L’humanité a regimbé. Elle s’est débattue, elle a refusé de s’anéantir… dans le non-être du paradis rouge. »

(De ces pérégrinations naîtront des milliers d’articles faisant au jour le jour la chronique des conflits et, ultérieurement, des livres de reportages. Des écrits dont l’indépendance d’esprit vis-à-vis des idéologies alors dominantes lui vaudra des critiques, virulentes parfois, mais qui témoignent d’une grande clairvoyance historique et politique. C’est par exemple, en 1957, La Chine de la douleur, où il dénonce la terreur maoïste. C’est encore, entre 1963 et 1967, la trilogie sur la guerre d’Indochine, L’Enlisement, L’Humiliation, L’Aventure, qui impose définitivement son talent d’écrivain au grand souffle, en même temps qu’elle éveille la suspicion de ceux qui lui reprochent sa subjectivité, et le soupçonnent de mettre en scène le réel au lieu d’en rendre compte avec rigueur. Un talent et une énergie de grand romancier, au service d’une activité de journaliste) 

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