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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

c'était de l'Histoire ...

c'était de l'Histoire ...

Ce n’est pas un sujet qu’on aborde facilement, on arrive même à l’ignorer. Et pourtant… C’est une histoire édifiante. On ne doit pas la tenir pour insignifiante parce que nous étions dans les années 1930. Doit-on comprendre que la position française était inacceptable pour certains pays européens, qu’il fallait que cela cesse à n’importe quel prix. Le débat est ouvert et les réponses peuvent attendre.

« … La fin de l’année 1931 annonce la venue des difficultés pour l’économie française. Le 1er décembre, l’Angleterre augmente les taxes sur l’importation ; le 3 décembre, les Pays-Bas contingentent les produits venant de France ; le 17 décembre, l’Italie dénonce l’accord commercial avec la France ; le 18, la Suède interdit l’entrée des fromages français ; le 24, l’Espagne limite à son tour l’entrée de nos produits, et le 29, la Pologne élève ses tarifs douaniers. »

« La France de 1930 est un îlot de prospérité dans un monde ravagé par la crise américaine. Les capitaux se réfugient à Paris, et notre plein-emploi insulte la détresse des chômeurs à l’étranger, nos record de production de 1929 défient le capitalisme d’outre-Atlantique, qui paraît au bout du rouleau. C’est une époque heureuse pour gouverner, où on peut croire que la crise, c’est pour les autres. Le stock d’or de la banque de France est passé de 29 milliards en mai 1929 à 55 milliards un an plus tard, grâce aux capitaux flottants.  La France affiche son bonheur et sa puissance. Avec 40 millions de tonnes de fer extraites en 1930, elle est au premier rang du monde. Cette même année, elle produit 55 millions de tonnes de charbon, un record qui ne sera battu qu’en 1952. Quand la General Motors, affolée par le marasme de l’économie américaine, licencie le personnel de son réseau de vente en France, Louis Renault embauche triomphalement les techniciens et les démarcheurs mis à pied. L’avenir est français. (…) Les réserves d’or de  la Banque de France atteignent 4910 tonnes, record insurpassé, l’Allemagne et l’orgueilleuse Angleterre mendient des crédits français. La France est embarrassée par sa prospérité, à l’heure où la diplomatie allemande tire parti de la détresse du Reich. Douze ans après la fin de la guerre, les Américains ne sont pas rentrés dans leur argent, car leurs débiteurs veulent les payer avec l’argent des réparations et les allemands sont hors d’état de verser leurs annuités… Le Reich a obtenu trente-sept ans – jusqu’en 1966 – pour acquitter sa dette à l’égard de la France et encore vingt-deux ans pour en finir avec l’annuité conditionnelle. A peine signé, ce laborieux accord est déjà lettre morte. Les Allemands montrent leurs caisses vides, et derrière Brüning, qui fait appel au bon cœur de la France, se profilent les spectres du chômage, de la faim, de l’insécurité. Le coq gaulois perché sur son tas d’or, jetant au ciel son cocorico hargneux, apparaît dans les caricatures de la presse étrangère. La France est trop riche… ! (…) En pleine nuit, le 18 septembre 1931, le chargé d’affaires britannique à Paris, réveille le président Laval. A la suite de retraits d’or massifs, la Banque d’Angleterre a fait savoir au gouvernement de Londres que, faute d’une aide immédiate, le Trésor ne peut plus faire face à ses obligations. La signature britannique qui ne vaut plus rien, c’est la fin d’une domination séculaire, celle de la livre, et d’une humiliation sans précédent pour l’orgueil d’Albion. (…) Sur l’heure, le président du conseil a prévenu la Banque de France. Il ouvre un crédit de 3 milliards de francs et sauve ainsi la lire anglaise. On sait la fin de l’histoire… lorsque Pierre Laval sera devenu un paria, les Anglais ne se souviendront pas qu’un jour la monnaie anglaise a été sauvée de la déroute par de l’argent français. »

 

- Fred Kupferman

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