Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

une mise au point parfaite !

com
une mise au point parfaite !

« Il y a deux pistes. La première est celle d’une agriculture industrielle fondée sur des coûts bas. C’est le choix qui a été fait par le Danemark, les Pays-Bas et l’Allemagne. La France est mal armée pour s’engager dans cette voie : elle est pénalisée par des coûts salariaux plus élevés que ses voisins. Ce handicap peut se surmonter par des allégements de charges et, surtout, un regroupement plus massif des exploitations : les laiteries du Danemark sont trois fois plus grosses qu’en France. C’est aussi l’effet de taille qui explique que le revenu agricole français par actif n’ait progressé que de 6 % entre 2005 et 2014, selon Eurostat, alors qu’il progressait de 34 % dans l’ensemble de l’Union européenne et de 63 % en Allemagne. Tardivement, ce mouvement s’est amorcé en France, mais les éleveurs qui se sont endettés pour investir dans des installations plus industrielles se trouvent pris au piège de la baisse des cours. Les aides de trésorerie du gouvernement seront bienvenues. Toutefois, cette lente concentration est freinée par un attachement culturel français très profond, identitaire, aux paysans-jardiniers-du-territoire. La France ne veut pas de fermes- usines, comme en témoigne la fronde contre la « ferme des mille vaches », dans la Somme. Sans toujours vérifier si une ferme de cinquante bêtes qui pratique l’épandage à l’ancienne ne pollue pas plus qu’une exploitation industrielle ultra-équipée pour retraiter des déchets… Conséquence : la France, qui était deuxième exportateur mondial de produits agro-alimentaires au milieu des années 1990, est tombée à la cinquième place, derrière les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Brésil. Encore ne tient-elle son rang que grâce aux vins et spiritueux… C’est ici que survient la seconde piste : l’excellence et la valorisation des terroirs français. Qu’on ne s’y méprenne pas. Tout ne peut pas être haut de gamme. Ainsi, le secteur des viandes bio, par exemple, ne représente que 5 % de la filière, et ce modèle ne pourra pas se généraliser complètement : les consommateurs n’auront pas, tous, les moyens de s’offrir de la viande de Salers. Il n’empêche, cette filière doit être développée, et ce n’est que si l’excellence est au rendez vous que le slogan gouvernemental « Achetez français » pourra avoir un sens. Compétitivité et qualité : la France doit s’engager dans ces deux voies et sortir du non-choix, qui consiste à avoir la nostalgie des fermettes d’antan. » ( le Monde)

Print
Repost
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article