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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

toujours un mocky sous la main !

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toujours un mocky sous la main !

Dans son dernier opuscule, Jean-Pierre Mocky parcourt sa vie à travers les personnalités qu’il a rencontrées à un moment donné. Il le fait à sa manière, en toute lucidité sans aucune emphase avec un rien de mélancolie. Ici, il nous parle de l’un de ses acteurs fétiches : « (…) Plusieurs années m’ont été nécessaires pour faire le deuil de mon acteur fétiche. » Il parle ici de son ami Bourvil. « En 1974, je pus rassembler une pléiade de acteurs au générique d’un linceul plein de poches, mais il me restait à distribuer le rôle d’un politicien véreux. Je repensai à Michel Serrault, qui répondit présent. Ce fut le démarrage de notre tandem cinématographique. Pourtant, nos rapports n’étaient en rien comparables à ceux que j’ai eus avec Bourvil. Celui-ci (…) s’est toujours montré d’une grande générosité à mon égard. Serrault était près de ses sous. En amont d’un tournage commun, nous discutions âprement de son cachet, ce qui ne m’est jamais arrivé avec Bourvil ! (…) Notre relation excluait toute convivialité en dehors du plateau. Michel ne se montrait qu’au moment de tourner, avant de disparaître une fois les images en boîte. Malgré nos nombreuses collaborations, il a toujours nimbé de mystère sa vie privée et maintenu entre nous une certaine distance. Je m’explique sa réserve de la façon suivante : j’avais décelé son homosexualité, et il l’avait compris.(…) Lors du tournage du Miraculé, il me fit savoir qu’il aimerait beaucoup que j’engage un certain jeune homme pour un petit rôle de photographe : je reste persuadé que c’est l’homosexualité du garçon qui motiva sa requête. (…) A la fin de sa vie, il perdait la mémoire. En tournage, il avait pris l’habitude de s’écrire son texte dans le creux de la main. Doté d’un œil de lynx, il parsemait aussi le plateau de petits pense-bêtes noircis de ses répliques. Un jour, Claude Sautet, en plein tournage de Nelly et M. Arnaud me téléphona catastrophé : - comment fais-tu pour les plans panoramiques avec Michel ? Il a collé des bouts de papier partout. (…) Ces trous de mémoire constituèrent, avec son cancer du nez, le calvaire de sa fin de carrière. Pendant les représentations de la Cage aux folles, dans les années 1970, il avait été sujet à d’abondants écoulements nasaux. Comme il lui était impossible de s’interrompre sur scène pour se moucher, encore moins pour renifler, il s’est soigné à la cortisone sur ordre de son médecin. Le problème c’est qu’il en a abusé, dépassant largement les doses prescrites … »

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