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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

deux destins ...

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deux destins ...

J’ai lu la biographie de deux actrices françaises : Marie-France Pisier, Annie Girardot. Deux grandes actrices qui n’ont pas déshonoré la création française, bien au contraire. Elles n’ont pas, je le crois, eu le privilège de jouer dans le même film ou sur la même scène de théâtre et pourtant l’histoire de leur vie aurait pu les rassembler : elles ont poussé le privilège de s’en aller dans des conditions qui n’ont rien de paisible. La mort de Marie-France pose encore aujourd’hui des questions : « Des détails sont troublants. Marie-France Pisier a été retrouvée au fond de la piscine dans une position curieuse… Son buste était coincé dans le croisillon métallique qui relie et renforce les pieds d'une chaise de jardin en fer. L'actrice a-t-elle pu trébucher involontairement sur la chaise, qui était placée au bord de la piscine ? Ou s'en est-elle servie pour se lester volontairement de son poids ? Malgré des années de lutte contre un cancer, Marie-France Pisier avait des projets professionnels et avait confirmé sa présence à l'hommage qui sera rendu à Jean-Paul Belmondo, en mai au Festival de Cannes. » Annie Girardot, elle, a quitté les rivages de la raison. Elle a perdu peu à peu son identité, elle l’a fait lentement. Elle est partie ailleurs et s’est dissoute dans un temps qui n’était plus le notre. Ces deux femmes se ressemblent par bien des points, leur enfance… Annie n’a pas connu son père, Marie-France a refusé la présence physique du sien en lui refusant toute présence dans sa vie de femme. Le monde du cinéma français qu’on dit sociable, qui voudrait se donner une apparence familiale a montré à ces deux actrices son véritable visage. Et comment dire… sans être vulgaire : il n’est pas beau ! Souvent grimaçant, injurieux et cupide. Peu de qualités et beaucoup de défauts. Ces deux femmes ont eu leur heure de gloire, elles ont été courtisées, encensées et puis le temps passant… on les a isolées, oubliées et elles ont fini seules, chacune à leur manière. Lorsqu’on se souvient de « la gloire » d’une Girardot, de son talent, de sa présence à l’écran on peut ne pas comprendre pourquoi à un moment donné et pour des raisons diverses, on lui a refusé le bonheur de garder le premier rôle… On lui a fait la charité de la garder parfois dans « un second rôle » au passage furtif. Elle ne faisait plus que passer dans un film avec toujours le même rayonnement mais… elle quittait rapidement la pellicule. Et comble de tout, on s’est mis à l’oublier, à faire comme si elle était déjà morte. Beaucoup de jeunes rêvent encore aujourd’hui de faire du cinéma, qu’ils comprennent le destin de ces deux femmes et alors peut-être leur choix se modifiera-t-il quelque peu, rien qu’un instant.

 

* Pour mon plaisir et en sachant bien que cela n’a rien à voir avec le propos qui précède, je veux citer ces quelques lignes de Joseph Kessel. Elles sont intégrées à l’avant-propos de son roman « Le tour du malheur » : « Les excès que j’ai peints ont été ceux d’une époque, d’une société, d’une génération qui passent aujourd’hui pour heureuses. Mais en ce temps on enviait les années 1900. Et en 1900 je sais qu’on regrettait le Second Empire. Et sous Napoléon III, sans doute Napoléon I. Et alors l’Ancien Régime. De sorte que l’on pourrait finir par voir dans les cavernes l’asile véritable de la félicité humaine… » Ces mots sont de 1949 mais combien je les trouve actuels n’est-ce pas Monsieur Régis Debray.

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