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Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

Nîmes qui se regarde...

Mon actualité ? regarder vivre une ville, actrice d'un monde qui se fait ou se défait.

le temps des imposteurs !

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le temps des imposteurs !

Le livre de Gerald Steinacher est intéressant à plus d’un titre, d’abord parce qu’il met en évidence certaines situations, certains comportements humains pas très héroïques et qui contredisent (les archives s’ouvrent lentement à l’attente des historiens…) l’Histoire officielle. Il y eut en 1946, le procès de Nuremberg et on devait croire que le monde était enfin purgé du Nazisme et de ses acteurs. Quelques procès ici ou là suivirent mais… On entrait dans la fameuse « guerre froide » et elle autorisa tous les pardons et toutes les rémissions. L’Eglise Catholique ne s’en priva pas… La Croix Rouge usa d’autres arguments mais le résultat fut le même. Certains pays tiennent encore au mythe du « héros »… Ils pensent même que c’est un mythe fondateur mais hélas, l’Histoire qui n’a pas ce genre de fausse pudeur nous ramène bien vite à une réalité moins glorieuse et j’allais dire plus humaine.

« Dr Mengele… au printemps 1945, il parvint à se faire passer pour un simple soldat. Après avoir été libéré du camp des prisonniers de guerre où il était détenu, Mengele travailla comme paysan sous le nom de Fritz Hollmann en Bavière. A l’automne 1948, il décida de quitter l’Allemagne. Si son premier mariage avait irrémédiablement pris fin, il paraissait plus difficile de faire ses adieux à son fils ; il ne coupa donc jamais complètement les ponts avec sa famille, qui vivait dans la petite ville allemande de Günzburg. Cependant, celle-ci avait fortement intérêt à prendre ses distances avec un criminel nazi recherché. Il s’agissait de ne pas mettre en danger le redémarrage de l’entreprise familiale. Les brouettes et les moissonneuses-batteuses Mengele ¬–Fils se vendaient bien dans ces années d’après-guerre ; il était donc aisé de financer la fuite onéreuse du mouton noir de la famille. Mengele décida alors d’émigrer en Argentine. (…) Bien des années plus tard, médias et hommes politiques nourrissaient encore une certaine fascination pour la figure de l’homme qui l’aida à s’enfuir. Jacob Strickner, qui après la guerre fut pendant vingt-quatre ans maire de la petite ville frontalière de Gries am Brenner, ne cessa de se vanter d’avoir aidé le docteur Josef Mengele à fuir en Italie. (…) Le Tyrol du Sud fut le meilleur des refuges pour les nazis… pour comprendre la situation unique de cette région, il faut examiner de près son histoire. Après la Première Guerre mondiale, cette contrée majoritairement germanophone fut ôtée de la monarchie austro-hongroise qui s’effondrait et annexée par l’Italie en 1920. Sous le régime fasciste sa population fut sans cesse soumise aux discriminations et à l’oppression. L’usage de la langue allemande fut partiellement proscrit dans les écoles et les espaces publics… les noms de famille furent italianisés. (…) Bon nombre des fugitifs impliqués dans l’holocauste étaient issus de milieux modestes et disposaient de peu de moyens pour financer leur fuite. Ils dépendaient de l’aide que leur apportaient des parents, certaines de leurs connaissances ou des associations caritatives religieuses. Seuls quelques hauts dirigeants avaient pu partir à l’étranger avec assez de fonds pour pouvoir organiser leur exil. Un petit nombre de criminels de guerre et d’agents de l’Holocauste se servirent des pays neutres – essentiellement la Suisse – pour abriter leur argent. A cet égard, la confiance que leur inspirait la Suisse n’était pas infondée, ce pays rechignant à coopérer avec les Alliés pour tout ce qui concernait la question des fonds allemands conservés sur son territoire. (…) Quand la guerre froide débuta, plus personne ne souhaitait enquêter sur les fonds déposés dans les banques suisses. »

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